Avez-vous fait Votre Deuil ?


Nous venons de vivre le premier novembre, devenu traditionnellement pour des millions de personnes un rendez-vous sur la tombe de leurs morts.

Et pour ceux qui n’adhèrent pas à cette démarche, il est difficile de ne pas y penser vu le “battage” commercial fait à grands renforts de vente de Chrysanthèmes.

Mais le savez-vous ?

Le premier novembre est, à l’origine, célébré le 13 mai et honore les saints du Panthéon. C’est la fête de tous les saints d’où “TOUSSAINT” et n’a rien à voir avec la fête des morts qui, en réalité, a lieu le lendemain soit le deux novembre.

Ce n’est que par commodité qu’on se recueille sur la tombe de nos défunts ce jour de Toussaint qui a été déclaré jour férié depuis le Concordat signé en 1801 entre l’état français et la Papauté.

Quant aux Chrysanthèmes, ces fleurs magnifiques qui semblent n’être destinées qu’à fleurir les tombes, elles nous viennent d’Asie et signifient la Joie, la Gaité, l’Eternité et sont le symbole de la famille impériale !

Chez nous, au XIXème siècle, ils représentent l’amour absolu et s’offraient aux maitresses de maison. Bien loin du rôle qu’on leur donne aujourd’hui !

Etymologiquement, le nom signifie “fleur d’or” mais ils s’appelleront aussi “la fleur des veuves” en souvenir de ces femmes habillées de noir qui fleurissaient les tombes de leurs défunts maris après l’armistice de 1918…

Symboliquement, ils remplacent la flamme des bougies.

Mais que vous alliez sur la tombe de vos morts sans vous préoccuper de ce premier novembre ou que vous achetiez des Chrysanthèmes pour les mettre dans votre jardin ou sur votre terrasse…

       

Avez-vous fait votre deuil ? Comment avez-vous vécu ce rendez-vous ?

Etes-vous en capacité de penser à la personne décédée (ou de parler d’elle) et de vous sentir en paix ?

Savez-vous que plus vous gardez les pleurs et les regrets, plus vous “empêchez” la personne d’évoluer sur un autre plan, dans sa forme énergétique, qu’on peut appeler “âme” selon vos croyances religieuses ?

Par la loi de cause à effet, vous restez vous-même “emprisonné” et pouvez avoir des difficultés pour continuer à vivre…

Il est bien évident que suivant l’âge de la personne, les circonstances de son décès, la qualité relationnelle qui vous liait à elle, etc. le drame de sa disparition aura un impact plus ou moins douloureux allant de “l’acceptable à l’inacceptable”

C’est pour cela qu’il est important de s’autoriser à VIVRE pleinement

LES CINQ ETAPES DU DEUIL

Ces étapes, nous les traversons sans les identifier et parfois, nous n’osons pas les exprimer, notamment comme la colère contre la personne qui nous quitte, nous abandonne et nous laisse démunis…

“On ne dit pas de mal des morts”  Qui a dit çà ? D’où cela vient-il ?

Je n’ai rien trouvé sur le Net, avez-vous une réponse ?

Personnellement, je n’ai jamais compris pourquoi une personne décédée avait, comme par hasard, toutes les qualités… à croire que la mort donne “un passeport d’absolution”

Je trouve plus juste de nous rappeler de la personne telle qu’elle était, d’ailleurs nous sommes tous des imparfaits, alors pourquoi devenir “parfaits” quand nous cessons d’exister sur terre ?

Et il me semble que pour se souvenir de tous les bons moments passés ensemble, il est important de ne pas nier les moins bons car c’est tout cela qui a fait partie de la relation.

Nous avons donc des émotions différentes à vivre suivant le drame vécu et la relation que nous avons eue, mais toutes passent par cinq étapes essentielles

En fait, chaque émotion correspond à une étape du deuil à franchir pour retrouver la sérénité :

1/ La peur qui entraine le déni, le choc

Lorsque nous apprenons la mort d’une personne, la toute première réaction est “ce n’est pas possible” surtout lorsqu’on ne s’y attend pas. Dans le cas de la maladie, le choc de la nouvelle peut être atténué mais il y a quand même ce refus de cette réalité. Même si nous “savons” que nous allons mourir un jour, nous n’avons pas l’habitude de parler de toutes nos peurs liées à notre disparition : peur de la douleur, peur de la souffrance, peur d’être séparé, peur de la détérioration de notre corps, peur de ne pas avoir le temps de faire, de dire etc.

La mort de l’autre nous ramène à notre propre mort et nous voulons nier cette réalité.

2/ La colère qui jaillit de la révolte

Pour les raisons évoquées ci-dessus, la révolte monte en nous contre cette “injustice” . L’homme veut toujours repousser les limites et rêve de vie “éternelle”. Je crois que ce besoin vient du fait que nous nous sentons totalement impuissants face à la mort. Elle nous enlève ceux qu’on voudrait garder toujours, elle viendra frapper à notre porte un jour mais nous ne savons pas quand… C’est peut être pour cela que certains sages nous enseignent de “vivre chaque jour comme si c’était le dernier”.

La colère se justifie aussi par la mort de la personne qu’on chérissait : elle nous lâche, elle nous abandonne, elle nous laisse seul… mais notre éducation ne nous apprend pas qu’on a le droit d’exprimer cette colère.

3/ L’amour qui nous amène au marchandage, à la récupération

Notre amour nous fait espérer, guetter le moindre signe de “Il ou Elle va mieux aujourd’hui…”, “Ah, mais tu as repris des forces”…, “Si je viens te voir tous les jours, nous irons faire un tour, cela te fera du bien”…

C’est l’espoir qu’en multipliant nos attentions d’amour, tout va s’arranger !

4/ La tristesse qui vient de la déprime, la dépression

Et puis viennent tous ces moments où l’on se dit que c’est foutu, qu’il n’y a plus d’espoir. Nous “tombons” dans notre impuissance face à la réalité de la mort. Nous déprimons et la tristesse nous envahit. Beaucoup de personnes se cachent lorsqu’elles sont dans cette phase de tristesse. C’est dommageable pour elles et pour l’autre.

5/ La joie de vivre enfin l’acceptation

Bizarre de parler de Joie comme une étape du deuil à faire ! La joie semble être à l’opposé de la mort. Mais une des formes de l’émotion de joie est la sérénité. Lorsque nous sommes dans l’acceptation de la mort de l’autre, nous pouvons continuer à évoquer son souvenir dans la paix intérieure, nous pouvons entrer en communion avec sa forme énergétique et c’est en cela que la Vie me semble éternelle.

Bien sûr, ces cinq étapes ne se vivent pas aussi simplement que cela !

Ce sont des “périodes” qui se mélangent, qui se “chevauchent” les unes avec les autres suivant le moment vécu à l’instant T.

Pour avoir accompagné des personnes en fin de vie, il est certain que l’essentiel de tout ce cheminement est qu’il soit EXPRIME autant par la personne qui meurt que par les personnes de son entourage proche.

Pour avoir accompagné pendant plus de 25ans des personnes dans leur cheminement personnel et professionnel, j’ai pu voir à quel point un deuil NON EXPRIME peut entrainer comme dégâts psychologiques.

Un livre qui reste LA référence en la matière est celui d’Elisabeth Kübler Ross, pionnière de l’approche des soins palliatifs, psychiatre et psychologue, qui met en évidence toutes ces étapes émotionnelles.

J’ai eu le plaisir d’assister à plusieurs de ces conférences. Un petit bout de bonne femme mais quel grand personnage plein de bonté, d’amour et d’humour !



 

Alors, d’où en êtes-vous ?

Avez-vous l’impression d’être en sérénité face à vos deuils ?

Si votre deuil est récent, vous êtes probablement dans l’une des quatre premières phases et c’est bien normal.

Si votre deuil remonte à quelques années, ce serait bien de vous faire aider pour retrouver votre capacité pleine et entière à vivre !

N’hésitez pas à dire votre expérience ou poser vos questions, j’y réponds personnellement. Les commentaires sont faits pour échanger. Merci.

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