Ce géant nommé Google et nos Start Up


Ce 21 février, la chaîne LCP – public Sénat diffusait un reportage qui titrait « Faut-il avoir peur de Google ? »

Ce géant mondial nommé Google face à nos Start Up comme Le Bon Coin, Babbler etc. doit-il vraiment nous faire peur ?

Et qu’est-ce-qui peut se cacher derrière cette peur pour un bon nombre d’entre nous ? Qu’est-ce que cela vient toucher en nous ?

J’ai trouvé le reportage très intéressant (présenté de façon aussi sérieuse que ludique, bravo à ceux qui ont fait ces supers montages) et surtout le débat qui a eu lieu avec les fondateurs de quelques bons exemples de nos propres géants du numérique.

 

un « instantané » du débat

Le débat après le documentaire « Faut-il avoir peur de Google ? », avec en invités :

– Denis Gancel, Président-fondateur de W&Cie, co-auteur de « La Société des Marques »
– Antoine Couteau, Directeur général de leboncoin.fr
– Sarah Azan, co-fondatrice de Babbler, une agence de presse 2.0

Ma synthèse du documentaire présenté :

Contrairement à l’idée « romantique » que certains peuvent se faire des fondateurs de Google comme quoi tout a commencé dans un garage… (comme de pauvres hères…) est une version très romancée du début de l’histoire. En effet, Sergey Brin et Larry Page sont issus de familles très aisées et passent leurs enfances dans un milieu de chiffres et d’ordinateurs. Ils sont d’excellents étudiants de la très célèbre université de Stanford (qui, d’ailleurs, est actionnaire de Google) qui met à leur disposition tout ce dont ils ont besoin pour lancer leur vision un peu folle de concentrer toute l’information… mondiale sur une plateforme informatique. Alors, oui, ils s’installent dans un hangar mais avec tout ce qu’il leur faut pour réaliser ce projet auquel d’ailleurs personne ne croit vraiment.

La culture américaine diffère beaucoup de la nôtre et donner la possibilité à quelqu’un de réaliser son rêve fait partie des possibles. Dans notre culture, il faut d’abord démontrer par A + B que notre idée va marcher, qu’elle sera rentable et peut-être alors, avec beaucoup de garanties, on nous accordera ce dont nous avons besoin. Il faudrait quasiment avoir le résultat avant de faire le premier pas pour le créer !

C’est peut être pour cela qu’il y a un véritable engouement pour les jeunes de créer leur entreprise sur le net ?! Pas que, puisqu’il est clair que les possibilités offertes par le marché sur le net, avec une ouverture mondiale, est en train d’exploser littéralement.

Dans le débat qui a suivi le documentaire, les témoignages d’Antoine Couteau de « Leboncoin », de Denis Gancel de « La Société des Marques »


et de Sarah Azan, co-fondatrice d’une agence de presse en ligne « Babbler » sont très intéressants et montrent bien à quel point les possibilités sur le net sont… exponentielles à l’infini…

MAIS j’ai retenu ce qui a fait leurs succès et qu’on retrouve, pour certaines, dans le documentaire sur Google :

  • Partir d’un point, d’une idée dont le consommateur a besoin [autrement dit, voir ce qui manque au consommateur]
  • Utiliser la « stratégie du nénuphar » c’est à dire commencer par cette idée et voir son expansion jusqu’à (au moins) trois ans… tel le nénuphar qui se déploie sur l’eau
  • Créer mais le génie, en affaires, n’est pas de créer, c’est de DURER : en effet, il y a plus de 100 défaillances par jour ! Donc, beaucoup de créateurs, peu d’élus
  • Simplifier et faciliter la vie des gens sont les meilleurs atouts pour réussir

« Leboncoin » fonctionne parce que les gens y trouvent leurs solutions avec un  prix moyen de 10/15€. L’utilisation est simple, il favorise les rencontres et même physiquement puisque 8 échanges sur 10 se font en face à face.

Savez-vous que le plus gros marché de cette plateforme est le recrutement ? 200 000 offres, 40 000 entreprises pour recruter… la moyenne pour y trouver un travail est de 15 jours !!!

Depuis combien de temps êtes-vous inscrit(e) à l’ANPE ??

« Babbler » est créé à partir du constat que les journalistes sont de plus en plus sollicités : ils ont entre 300 et 500 mails par jour ! Ils en ouvrent 3% et seul 1% sera traité… Là, les marques sont centralisées de façon très simple, l’échange se fait entre journalistes et entreprises. Cela représente un gain de temps de 25 à 30%. Énorme.

Deux ans et demi d’existence pour cette entreprise qui vient de s’ouvrir sur le marché américain ! Waouh.

  • Enfin, ce qui me paraît être le plus important à retenir : ÊTRE ENTREPRENEUR, C’EST UN ÉTAT D’ESPRIT. Autrement dit, tout le monde n’est pas né pour être un entrepreneur. Lorsque je présente « Être Chef d’Entreprise », je dis que tout le monde a la possibilité de faire du pain mais peu seront boulangers de profession ! Cela revient au même.

Posez-vous cette question : Ai-je envie de créer ? Si oui, Suis-je fait pour être entrepreneur ? Si vous hésitez sur cette réponse, alors faites-vous coacher pour déterminer comment créer, AVOIR LE BON ÉTAT D’ESPRIT et savoir vous entourer pour devenir pérenne.

Ce qui transpire tout au long du documentaire lorsque les invités parlent de Sergey et Larry, c’est cette incroyable amitié qui les lie, leur complémentarité (l’un plutôt introverti, chercheur… et l’autre, passionné par le business) et surtout, une confiance indéfectible. Ce sont des visionnaires, et des visionnaires sur du long terme et cette surprenante confiance totale en eux et leurs projets leur permet certainement d’aboutir.

C’est clair : dans nos vies, à quelque niveau que ce soit, le manque de confiance est un facteur déterminant qui avorte bon nombre de nos ambitions !

Est-ce par leur exemple et cette confiance à toutes épreuves qu’il y a un tel engouement pour ces deux-là ?

Aux États-Unis, les gens deviennent littéralement accrocs à Google. J’ai trouvé cela curieux car pratiquement tout passe par la recherche sur Google. C’est, sans conteste, le moteur de recherche le plus puissant au monde !

Personnellement, je me sers de Google tous les jours mais je ne me sens pas du tout accroc. Je le trouve très efficace. Je m’en sers. Je le recommande mais me manquerait-il si demain, il y avait mieux ? Non, je ne crois pas. J’avoue avoir du mal à comprendre ces américains qui se disent indépendants de Google. Mais il y a peut être aussi des accros de ce géant en France ?

De ma vision, j’ai plutôt l’impression qu’en France, il a beaucoup de détracteurs et je reviendrai là-dessus car je crois que cette réaction évoque un problème beaucoup plus intime, soulevant des questions essentielles face à notre regard sur le succès.

Dans un premier temps, j’ai envie de souligner l’intelligence de ces deux amis sur plusieurs points très innovants en matière de création d’entreprise car ne l’oublions pas, Google est une entreprise.

  • Tout d’abord, il faut bien reconnaître leur fascinante technologie et ingénierie ainsi que leur stratégie commerciale.

C’est clair, ils sont très doués ainsi qu’en matière de business et que cela les rende sympathiques ou monstrueux, les faits sont là : ils sont devenus l’entreprise la plus importante sur le plan mondial, détrônant IBM et Microsoft.

  • Ils savent s’entourer des meilleurs ! Google recrute des gens « beaux, forts et jeunes » mais surtout des surdoués dans leur domaine.
  • Et un point hyper important : Sergey et Larry pratiquent le 20/80. Ils offrent à leurs employés 20% de leur temps pour travailler sur leurs passions ! Peu importe que cela soit en lien ou pas avec Google. Ils travaillent sur ce qu’ils veulent. Google leur permet ainsi de développer leur créativité. Et vous savez quoi ? De ces 20% offerts, naissent des idées très innovatrices qui, pour certaines, seront des succès à venir pour toute la communauté comme, par exemple, Gmail… Tout le monde est gagnant.
  • Autre chose, tout est fait pour que les employés soient dans leur entreprise comme chez eux avec des commodités comme pouvoir se soigner sur place si besoin, se faire coiffer, avoir une cafétéria haut niveau etc. tout est pensé pour leur confort.
  • Le point le plus fort est certainement une méthode de management innovante : Google implique ses salariés pas forcément de manière hiérarchique. Il y a une responsabilité d’équipe. Les collègues « veillent » les uns sur les autres sans que cela vienne systématiquement  « d’en haut. » L’Holacratie viendrait-elle de cet exemple ?
  • Sergey et Larry ont une idée. Ils lancent leur produit et parlent bénéfice APRÈS. Une vision du Business à l’envers de notre culture où on tire des plans sur la comète pour parler résultats alors qu’on a même pas essayé ! Ce qui fait, à mon avis, qu’un bon nombre de supers bonnes idées ne voient jamais le jour.
  • Google visiblement et contrairement à l’image qu’on veut bien véhiculer de ces génies de la robotique, restent attentifs à l’humain : Ils ont pensé à leurs utilisateurs, aux besoins de l’utilisateur qui va chercher une information d’où, l’aviez-vous remarqué ? Une page d’accueil sans publicité. La page d’accueil va à l’essentiel : elle offre l’espace nécessaire à taper des mots clés pour aboutir à une recherche. Et c’est en fonction de leurs recherches, de leurs centres d’intérêts, de leurs profils, que les utilisateurs arriveront sur des pages d’informations qui, elles, contiendront des publicités inhérentes à ces informations. Autrement dit, vous aurez des publicités qui iront dans le sens de vos centres d’intérêts et ne serez pas matraqués, comme à la télé, de publicités dont vous n’avez rien à faire. Bien pensé !

Bien sûr, tout n’est pas rose comme dans le monde des Bisounours…

Google a la capacité de recueillir n’importe quelle information sur n’importe quoi dès lors que cela intéressera une partie de ces utilisateurs. Le gros point noir du géant de l’informatique et des algorithmes est qu’il commercialise nos données personnelles.

En moyenne, nous lui donnons une dizaine d’informations personnelles sur notre vie privée : qu’en fait-il ? Où vont ces données ? Il n’est pas certain qu’à la fermeture d’un de nos comptes liés à Google, nos données soient supprimées. Elles seraient plutôt conservées à des fins commerciales.

Quand on sait que 90% des requêtes passent par Google dans le monde, cela pose la question très importante de l’éthique ! Y-a-t-il une réelle absence de valeurs chez Google ou cela fait-il partie de notre engagement dès lors qu’on utilise le moteur de recherche le plus performant au monde ?

C’est peut être à chacun de nous d’apprendre à surfer sur le net et d’être bien conscient que tout ce qu’on y dit, écrit ou recherche laisse une trace quasi… indélébile.

Par ailleurs, si vous croyez que Google est gratuit parce que vous accédez à plein d’outils d’un simple clic… vous êtes dans l’erreur : Pour faire des recherches sur Google, vous devez avoir un ordinateur, un smartphone, un Ipad etc. puis vous devez avoir une fournisseur d’accès (Orange, Sfr, Bouygues…) puis ces fameuses données que le géant commercialise. Bien sûr, ils ont aussi le retour payant des clics de leurs annonceurs publicitaires.

Autre point très discuté : nos compères Sergey et Larry visualisent un monde où ils seraient à l’origine d’un ascenseur entre terre et lune… où ils pensent investir partout, même dans le domaine de la médecine (qui deviendrait alors une médecine élitiste où malheureusement seuls les plus aisés pourront se l’offrir)… maintenant, comme cela n’est pas fait, comment peut-on déjà savoir ce qui n’ira pas ?

Peux-t-on reprocher à des chefs d’entreprise de vouloir développer et participer activement au développement de la planète ?

Un chef d’entreprise doit-il forcément rester dans le créneau qu’il a créé ?

Quel chef d’entreprise, même avec la volonté de garder la meilleure éthique qui soit dans son business, serait d’accord de développer son entreprise sans bénéfice et sans salaire pour son savoir-faire ?

Alors, comment se fait-il que ces deux-là soient autant « adulés » que « critiqués » ?

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils règnent sur un véritable empire qu’ils ont créé et ils sont riches.

Ils font rêver et ils provoquent des envieux.

Comme tous ceux qui OSENT aller au bout de leur rêve et qui réussissent, ils ont leur lot de détracteurs et c’est là où je me mets à réfléchir sur ce phénomène : le succès, la réussite amènent les critiques et plus l’ascension est fulgurante, plus les « ennemis » se font légion.

Il semblerait, et surtout dans notre culture, que la réussite à laquelle nous aspirons tous, fait PEUR !

Tellement peur qu’inconsciemment nous restons dans l’ombre plutôt que de nous exposer à vivre sous la lumière des projecteurs.

Lorsqu’on parle de la gestion des peurs, celle qui est la plus difficile à vaincre est celle-ci : la peur de réussir.

Curieux, n’est-ce-pas ? D’autant que ce n’est pas celle que nous apprenons à gérer en premier !

Comme je l’ai déjà dit, réussir implique une responsabilité, un engagement total et là, souvent ça coince. L’envie est là. L’engagement, la traversée des obstacles et l’attitude juste à avoir, tout cela demande une implication personnelle importante (parfois, une totale remise en question) et après, le succès il faut le faire durer…

Réussir, c’est décider d’agir en personne responsable, ne plus « rejeter » la faute de ce qui ne va pas sur la société ou toute autre raison… mais bel et bien, que le succès dépend de Soi et rien que de Soi.

Je pense que, pour cette raison, il y a encore trop de personnes à croire aux « miroirs des alouettes » : elles foncent vers tous ces prédicateurs de facilité à réussir et gagner beaucoup d’argent… sans quasiment rien faire !

Quand ces gens-là cesseront-ils de croire qu’il suffit de claquer des doigts pour avoir une fortune ?

Alors, il devient plus facile de critiquer celui qui ose ! Encore plus celui qui réussit ! Comme si celui-là venait leur jeter en pleine figure leurs actes manqués.

Je crois aussi qu’en France, parler business et argent ne se fait pas.

Y-a-t-il là-dessous une certaine hypocrisie ? Ou est-ce de la pudeur ?

Perso, je me suis surprise à envier certaines personnes pour leur réussite et je dois bien avouer que c’était à des périodes où je galérais et que j’étais en manque totale de confiance en moi. Tout avait l’air tellement simple pour ces gens-là ! Et puis j’ai appris à écouter et à regarder et j’ai compris mes erreurs et que j’étais injuste aussi bien envers mes capacités qu’envers ces personnes :

  • Dès qu’il y avait des obstacles, j’abandonnais mon projet.
  • J’étais influençable et si on me disait que j’allais droit dans le mur, et bien c’est ce qui se passait.
  • J’étais en manque de confiance et forcément, mon attitude – malgré mes allures de battante – n’étais pas en adéquation avec un chemin de réussite.
  • J’ai longtemps traîné des croyances limitantes et les gamelles de mon histoire familiale.

En fait, j’étais dans le « vouloir prouver à ceux que j’aimais que… » au lieu d’être « dans le plaisir de… »

Vous comprenez ? J’œuvrais en fait pour avoir de la reconnaissance des autres. Cela ne marche pas comme ça.

Vous reconnaissez-vous dans ces manquements à « QUI vous êtes ? »

Si oui, prenez le temps de vous demander si vous vivez ce que vous aspirez à vivre et ce qu’il faudrait faire pour changer votre chemin.

Lorsque j’ai pris conscience de tout ça, je n’étais plus du tout envieuse de ceux qui réussissaient. Bien au contraire, je les respecte, je les applaudis car tout n’a pas été facile pour eux mais ils ont su être persévérants et fidèles à leurs rêves.

j’apprenais d’eux et j’apprends encore. Je ne critique pas leurs richesses, j’aspire à les vivre.

Vous avez des capacités insoupçonnées que vous n’avez même pas encore exploitées !

Alors, n’enviez plus qui réussit mais voyez le plutôt comme un « mentor ». Comme tout être humain, il aura ses défauts. Qu’à cela ne tienne, apprenez de lui ce qui vous plaît, ce qui vous correspond pour enfin mettre en actions vos ambitions. Veillez à rester fidèle à vos principes tout en respectant autrui et visez VOTRE réussite !

Pour cela, vous devez déjà déterminer la signification du mot « réussite » pour vous. Que mettez-vous derrière ce mot ? Sa définition dépend uniquement de vos aspirations pour satisfaire la qualité de vie que vous rêvez d’avoir.

A la question « faut-il avoir peur de Google ? », honnêtement je n’ai pas la réponse. Personnellement, je ne vois pas pourquoi j’en aurai peur. Par contre, je veux bien apprendre de leur succès et ramener pour ma réussite ce dont j’ai besoin comme :

  • Persévérer ce que j’ai entrepris en créant mon blog
  • Continuer à cultiver ma confiance malgré les obstacles
  • Proposer les produits qui vont aider efficacement autrui
  • Oser m’adresser aux personnes qui peuvent m’aider dans mes projets etc.

Enfin, je terminerai sur cette phrase propre à Larry Page que je trouve formidable et que je retiendrai :

« – Il est important d’avoir un sain mépris pour l’impossible. »

Et vous, Google (ou ceux qui réussissent) vous fait-il peur ? Osez vos commentaires juste en-dessous.

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